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La Tribune

Le blog d'Alain Rousset

« Plus de sérénité entre l'État et les territoires » interview parue dans Sud Ouest, lundi 16 janvier

Actualité

Gouvernance des territoires, décentralisation, banque publique d'investissement régionalisée.....retrouvez mon interview parue dans le quotidien Sud Ouest du 16 janvier.

 

S.O : Pourquoi faudrait-il supprimer les sous-préfectures, comme vous le dites souvent ?

Alain Rousset. Je crois qu'il ne faut pas opposer l'État aux collectivités locales, qui représentent une part du pouvoir d'État et de la République. Le problème est celui du financement. On doublonne et on triple même le coût de gestion publique par une instruction par plusieurs personnes dans différentes administrations publiques. Que l'État garde sous son unique responsabilité les pouvoirs régaliens de sécurité, de défense, de justice, d'éducation, de politique extérieure ou de cogestion des systèmes sociaux. Et qu'il laisse aux collectivités locales les compétences qui lui ont été transférées. On demande aujourd'hui au sous-préfet, qui souvent n'a plus d'équipes, de reproduire à l'échelle de l'arrondissement les compétences des collectivités locales. La qualité des hommes n'est pas en cause. Le système est déresponsabilisant pour eux.

S.O : Quelle est la différence entre une vision de droite et une vision de gauche de la décentralisation ?
La notion de confiance et de partenariat. La droite est de nouveau sur des positions centralisatrices autour d'un président de la République qui intervient sur tous les sujets - l'apprentissage, la formation professionnelle - de façon brouillonne et contradictoire sans trop se soucier de qui fait quoi sur le territoire. Je crois qu'avec François Hollande, la notion de mobilisation et de contrats avec les territoires sera remise en avant. La gauche est plus ouverte à la notion de partenariat.
Il est temps que Tanguy sorte de chez ses parents. Les relations de l'État avec ses collectivités locales, c'est un peu la relation des parents avec l'enfant. L'État doit faire confiance davantage aux collectivités après avoir fixé le cadre avec la loi. Aux Régions les investissements d'avenir, la formation initiale, continue, l'université aussi. Il faudra bien formaliser un jour la relation entre la Région et les universités. La Région doit être demain le pivot de la formation à l'emploi et l'entreprise en passant par la recherche et l'université. L'État a organisé une instabilité de l'environnement du chômeur, de l'entreprise et des collectivités. Nous devrons mettre plus de sérénité dans la relation entre l'État et ses territoires.

S.O : Pourquoi le Parti socialiste propose-t-il la création d'une banque publique régionale ?

Je pense qu'il faut régionaliser les dispositifs d'aides aux entreprises, pour les fonds propres et les investissements. Le PS propose une banque publique d'investissement. Il faut la régionaliser. La Région Aquitaine - comme d'autres - a créé des dispositifs de fonds propres, mais nous sommes loin d'avoir la puissance de feu des länder allemands.
L'État doit décentraliser ses dispositifs d'aides. Les Régions doivent être dépositaires des aides à l'innovation, car Oséo (1) s'est bancarisée aujourd'hui. Nos PME ont besoin de banques à leur disposition. Beaucoup de patrons de PME préfèrent emprunter qu'ouvrir leur capital. Nous devons pouvoir aider les entreprises à croître sans qu'elles tombent sous la coupe de fonds d'investissement plus ou moins bien attentionnés.

S.O : Le système allemand vous inspire ?

L'Allemagne réindustrialise sur un modèle de proximité. Le capitalisme allemand est adossé à des familles et à des banques régionales dont les länder sont actionnaires. Aujourd'hui, hormis les banques mutualistes, les banques font remonter à Paris le produit de leur collecte et les transforment en produits structurés.
Il faut un contrôle des banques. Il faut interdire les rémunérations scandaleuses de certains patrons de banques. La rémunération du patron de la Société générale, qui est passée de 2,8 millions d'euros à 3,6 millions, avec des retraites chapeaux scandaleuses. Il y a une pratique chez certains personnages - qui sont souvent d'ailleurs les visiteurs du soir de l'Élysée -, c'est « Take the money and run », « Prends l'oseille et tire-toi ». Ils donnent par ailleurs des leçons à tout le monde. Cela doit être sanctionné. Durement.
(1) Entreprise publique d'aide à l'innovation.

 

Retrouvez cette interview de Jean-Bernard Gilles sur sudouest.fr

Commentaires

par Anonymous

 le soutien à l'innovation portée par les pme est fondamental, il ne peut reposer uniquement sur un crédit d'impôt, l'aide directe telle quel était apportée par l'Anvar assortie du conseil des chargés d'affaires était un outil très efficace. L'actuelle majorité a dissous cette aide dans la banque OSEO qui l'utilise pour vendre ses prêts aux entreprises et proposer des taux d'intérêt globaux concurrentiels pour pénétrer les entreprises déjà courtisées par les banquiers.

Les Régions pourraient-elles vraiment reprendre la mission de soutien à l'innovation sans disposer des compétences d'expertise nationales de la défunte Anvar et qui en faisait, associées au moyen financiers un outil d'une grande efficacité ?

par Anonymous

 Bonjour, 

Les régions vont entrer de plus en plus dans le sytème de la décentralisation en prenant en charge le monde de l'industrie. Or en France nous avons trop de régions à mon avis pour palier a ces demandes.  Ne faudrait-il pas diminuer le nombre de régions à l'identique des zones de défense ? La loi de décentralisation de1992 promulguée par François Mitterand prévoit par son article 54 l'entente interrégionale pour avois des budgets associés qui soient plus importants ? 

Mon pseudo est tronque il est jean pas Anonymous !

par Anonymous

 Bonjour, 

Les régions vont entrer de plus en plus dans le sytème de la décentralisation en prenant en charge le monde de l'industrie. Or en France nous avons trop de régions à mon avis pour palier a ces demandes.  Ne faudrait-il pas diminuer le nombre de régions à l'identique des zones de défense ? La loi de décentralisation de1992 promulguée par François Mitterand prévoit par son article 54 l'entente interrégionale pour avois des budgets associés qui soient plus importants ? 

Mon pseudo est tronque il est jean pas Anonymous !

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